Lors du dernier conseil du 13 février a été abordée la question de la construction en cours d’une mosquée rue Gaspard Monge, avec la rénovation d’un bâtiment existant, sans permis de construire, apparemment.

Ce projet est financé par les fidèles, si j’en crois l’appel aux dons lancé sur un réseau social bien connu. A cet égard, j’appelle l’attention que l’association d’élus à cet appel est de nature à questionner la laïcité. La question de la construction d’une mosquée est légitime : la pratique de leur religion des Arlésiens musulmans n’est pas taboue.

Encore faut-il qu’elle ne se pose pas dans l’opacité.

Lorsque le Maire, en mai 2018 sur sa page de ce même réseau, convoque sans raison apparente le conflit israélo-palestinien, je m’interroge, sans procès d’intention, sur l’existence à Arles de cet islamo-gauchisme, qui peut se révéler porteur d’ambigüités en matière d’islamisme.

Cette gauche, qui, dans une démarche victimaire, voit dans l’islam la religion des opprimés, la dénature, alors que, comme les autres religions monothéistes, elle encourage l’homme à la paix, la générosité et le respect.

Comme dans le passé, cette gauche pourrait instrumentaliser cette religion et ses fidèles dans un but de court terme électoraliste.

Il faut rappeler le constat d’une enquête fait par l’institut Montaigne en 2016 qui montre que 28 % des personnes sondées regroupent des français musulmans qui ont adopté un système de valeurs clairement opposé aux valeurs de la République. Il met aussi en lumière que la grande majorité les respectent ; il faut insister sur ce point.

Il n’y a pas de raison qu’Arles soit à l’abri d’une telle proportion. Inscrire une politique cultuelle dans l’opacité porte donc le risque de favoriser le fondamentalisme de près d’un tiers des Arlésiens de confession musulmane.

L’opacité favorise l’obscurantisme. Faire reculer le fondamentalisme, voilà le combat qu’il nous faut mener.

Pour cela, il faut renouer le dialogue et l’exprimer publiquement. Les communes sont en première ligne car elles sont les seules à connaître les situations particulières de leur territoire. Ce combat passe par la transparence et le respect. Il réclame écoute et intelligence.

La question de la construction d’une mosquée à Arles doit être étudiée au grand jour, pas en catimini. C’est un enjeu pour l’avenir républicain et laïc de notre cité et il réclame une pleine transparence.

En parallèle, je recommande que des échanges aient lieu concernant la radicalisation en mettant en place à Arles, comme d’autres communes proches l’ont fait, une cellule d’échanges sur la radicalisation.

Je préconise que cette question complexe soit abordée d’une manière sereine, publique, moderne et sans arrière-pensée, avec tous les acteurs, à commencer par les fidèles et leurs représentants, dans le souci d’une laïcité active qui garantit la liberté de conscience de chacun et qui « rend à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ».

Philippe Vial