L’exercice de la puissance publique, conférée par l’élection, réclame de l’autorité.

Quand le bateau tangue dans une mer agitée, les bras du Capitaine ne doivent pas faiblir.

Il en va du bien commun.

Force est de constater, qu’à Arles, il en manque.

De par sa première responsabilité, l’autorité publique garantit l’égalité des chances, l’égalité des droits, l’égalité des devoirs ; bref l’égalité devant la loi. Cette autorité n’est plus crédible, lorsque ses jeux politiques cachés accordent des passe-droits, des arrangements et des avantages, qui se font au détriment de l’intérêt commun.

L’autorité s’exerce avec humanité, politesse et justice mais sans faiblir et d’une manière ferme et exigeante, lorsque le temps de la décision vient. « Parlons toujours doucement, ce qui n’empêche pas de parler avec fermeté ; en donnant des ordres, en faisant des observations sur un ton trop élevé, on affole les subordonnés, on les pousse eux-mêmes à crier, on enfièvre le service. » (Colonel de Maud’huy, mai 1912).

Pour assumer cette responsabilité, la sérénité et transparence sont de règle. Chez nous, l’autorité préfère l’opacité et l’impulsivité.

Osant paraphraser une belle formule de Rabelais, l’autorité sans exemplarité n’est que ruine de l’âme. Le « chef » se doit d’être exemplaire, tant dans son comportement public que privé.

Ne pas être exemplaire, c’est prêter le flanc aux rumeurs. La façon d’être du chef et l’image qu’il donne de lui consolident ou minent son autorité. Si le chef n’est pas exemplaire, pourquoi le serais-je ? L’autorité est contestée. Et d’aucuns sont convaincus que les rumeurs sont toujours fondées sur un fait réel. Il en résulte, chez certains, des conduites d’incivilités, de désobéissance civique et de désordre républicain.

Pour être efficiente, l’autorité doit déléguer et « subsidiariser » en confiance, dans le cadre d’un contrat clair, suivi et contrôlé.  » Instruisons nos subordonnés directs et commandons par leur intermédiaire, surtout ne faisons pas leur métier ; nous ne ferions pas le nôtre… » (Même auteur). Les collaborateurs ainsi investis peuvent agir en liberté, intelligence et responsabilité. L’autorité génère loyauté et fidélité.

Ici, à Arles, on observe de très nombreux faits du Prince, des discours improvisés et nébuleux, des interventions non concertées. Les rodomontades, incantations, tergiversations ou procrastinations affaiblissent l’autorité. Il en résulte frustration et mécontentements chez les dits-collaborateurs et délitement de l’autorité. Cette autorité devient dictatoriale.

On observe aussi des « anti-tout » qui, bien qu’occupant des postes de responsabilité à la tête d’organismes financés par l’argent public, expriment publiquement des opinions politiques personnelles, violant sans scrupule leur devoir de réserve. L’autorité est bafouée.

Je rencontre finalement des Arlésiens qui sont perdus, qui ne comprennent plus et qui pensent qu’il suffit d’être le dernier à hurler plus fort pour obtenir un acquiescement…dont les effets ne verront jamais le jour.

Comme si aujourd’hui il y avait une aspiration inconsciente à la démission dans l’exercice de l’autorité.

L’usure après de plus de 20 ans de pratique, sans doute !

Philippe Vial