La période de vœux multiples du mois de janvier laisse un goût amer car on n’en retient que des incantations et des vœux pieux.
Cet exercice de communication ne convainc pas. Il masque de graves insuffisances dans la politique qui est menée.
Elle surfe opportunément sur l’écume des choses et n’hésite pas à s’accaparer la réussite des autres.
Elle n’a pas honte à affirmer sans vergogne des contre-vérités, comme ce fut le cas pour la propreté de la ville.
Incapable de prendre des positions claires, elle redoute les contraires. On affirme ici blanc pour se concilier les uns, et là on affirme noir pour satisfaire les autres, comme ce fut le cas pour le pont de Salin.
La dépense de l’argent public est aussi communication. On fait car on dépense. Voilà le principal slogan, sans se soucier de la performance.
Un exemple : la vie associative. Après Solid’Arles qui a déposé son bilan, une autre ancienne association d’aide sociale a attiré notre attention. Ont été constatées la non-conformité de ses activités avec ses statuts et l’absence d’une convention, pourtant obligatoire compte tenu du niveau de la subvention accordée par la municipalité. Voilà deux associations à vocation sociale qui illustrent une grande fragilité de gestion et un manque de contrôle. Il y en a combien d’autres dans cette situation ?
Une interrogation pèse sur la politique sociale de la ville, qui pourrait être le meilleur exemple du slogan de propagande « je dépense, donc je fais ». Je crains qu’à Arles, aujourd’hui, faire du social, c’est faire des chèques, sans regarder l’efficacité de la dépense ni les redondances coûteuses des actions des organismes d’action sociale.
Je préconise qu’une remise à plat soit entreprise avec volontarisme pour consolider l’important travail que conduisent les associations en matière sociale.
Mais pour cela, il faut une méthode qui est la conduite rigoureuse d’un processus.
Ce processus est connu (et toute imitation est encouragée !) : fixer un objectif politique (le volet noble), analyser, identifier les actions à conduire avec un timing adapté, concerter, décider, exécuter les actions en coordination, mesurer les effets, corriger, informer.
L’application d’une telle méthode, sereinement, d’une manière pragmatique et transparente, sans nier les difficultés, est facteur de performance et de crédibilité.
Aujourd’hui au sein de la majorité comme au niveau de la direction des services, aucun recours à un tel processus n’est vérifiable. On gère au fil de l’eau en privilégiant le court terme et le leadership se réduit au fait du Prince. Le manque de méthode n’est pas professionnel.
De surcroît, un manque de rigueur altère l’efficacité de l’action publique. Un simple effort de rigueur dans la conduite de l’action publique permettrait d’obtenir rapidement des améliorations. Cela ne coûte pas cher, juste de la volonté !

Philippe Vial