Le maire d’Arles Hervé Schiavetti donne sa vision de la démocratie participative.

À quoi sert la démocratie de proximité ?

La décentralisation a donné d’énormes responsabilités aux élus locaux. Mais ils ont appris à les partager avec les citoyens. Gérer une ville comme Arles avec un territoire aussi vaste signifie être confronté en permanence à des contradictions. Au XXIe siècle, il n’est plus possible de décider et d’imposer des décisions venues du haut à la population. Tant mieux ! Chaque dossier doit être expliqué, discuté avec l’ensemble des citoyens concernés qui le souhaitent. Le but de la municipalité a été de créer les outils qui permettent ces échanges et une véritable concertation. C’est le rôle des différentes assemblées de la démocratie participative, comme les conseils de villages et de quartiers ou encore le conseil des sages.

Cette concertation n’est-elle pas parfois un frein à l’action ?

Au contraire, il en résulte une dynamique. Si une décision du Conseil municipal est partagée par une majorité d’Arlésiens, elle sera appliquée véritablement. Les élus doivent pouvoir s’appuyer sur l’opinion de leurs concitoyens. Par exemple, dans le domaine du tri sélectif : si les familles ne sont pas convaincues de l’intérêt de trier leurs déchets, elles ne le feront pas et cette politique serait un échec. C’est pourquoi les élus doivent en permanence expliquer, prendre des avis.

Jusqu’où peut aller la démocratie participative ?

Toutes les propositions qui touchent à la vie de la commune peuvent être discutées dans les différentes instances existantes. Il est toujours positif que les citoyens soient informés des enjeux et parfois de la complexité des dossiers. Ensuite, chacun reste dans son rôle. Après la phase de discussion, la décision se traduit par un vote du Conseil municipal élu par les Arlésiens.

Quels sont les risques de la démocratie de proximité ?

Un véritable partenariat doit s’établir. Les élus ne doivent pas chercher une unanimité de façade ou vouloir à tout prix faire valider leurs décisions. Les relations entre élus et citoyens doivent être basées sur le respect mutuel et sur la confiance. L’objectif des différentes assemblées et instances qui sont ouvertes à tous les Arlésiens est d’être les outils de la démocratie participative, de permettre à chaque citoyen qui le souhaite de s’informer, d’échanger, de faire entendre sa voix.