Le 7 septembre dernier, Juan Bautista a mis fin à sa carrière de torero. Juan Bautista est un artiste. Il a su, comme chaque artiste, porter son art au sublime et sublimer son art. Aujourd’hui, il laisse la place à Jean Baptiste Jalabert. Une nouvelle carrière s’ouvre à lui. Nous lui souhaitons et je lui souhaite le meilleur.
Déjà, la relève est là. Avec des valeurs sûres et de jeunes talents comme Thomas Joubert, Adrien Salenc ou Andy Younès… Pour ma part, j’ai un gros coup de cœur pour Juan Leal qui, cette saison, récolte le fruit de son travail acharné et de sa volonté, lui aussi, d’exprimer pleinement et librement son art.
Arles est une ville taurine.
Aujourd’hui, la tauromachie et la corrida en particulier sont de plus en plus contestées.
Je n’évoquerai pas ici les retombées que génère la tauromachie pour notre économie arlésienne. Je n’évoquerai pas non plus les extraordinaires conditions d’élevage de ces animaux, que l’on apercevrait uniquement derrière des grilles de zoos, si la corrida n’existait pas.
La tauromachie est partie intégrante de notre identité, de notre culture. Cela fait-il de nous des assassins ou de dangereux criminels ? Quand on voit les menaces et les atteintes quotidiennes à la biodiversité, on se dit que ceux qui veulent imposer l’interdiction des corridas, que cela soit aux mineurs ou à tous, pourraient mener d’autres combats. De plus, en quoi ma liberté de me rendre (ou pas) aux arènes nuit à la leur ? De quel droit et à quel titre veulent-ils contraindre cette liberté ?
Ils cherchent à nous imposer une vision de la société, qui édulcore et gomme toutes les aspérités du monde vivant. Le règne animal, où prédomine la loi du plus fort, est d’une extrême violence. Oui, la mort existe. Elle est toujours au bout du chemin. Oui, la corrida est un des arts qui questionne et sublime ce dialogue constant et permanent entre la vie et la mort. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle a, tout au long de son histoire, passionné autant d’artistes et de si beaux talents.
Ces propos peuvent choquer plusieurs d’entre vous. Je le comprends parfaitement. Mais, je les assume comme chacun de mes choix. Oui, j’aime la corrida ! C’est ma liberté !

David Grzyb