Janvier 2022

Virginie Maris et Cyril Girard,

Le parti des Arlésiens

Nous avons traversé deux années éprouvantes, sur le plan sanitaire, social et politique. Certains ont souffert de la maladie ou perdu un proche. L’épidémie et le confinement ont compliqué la vie de tout le monde, que ce soit sur le plan professionnel, relationnel ou personnel.

Ces derniers mois offraient l’occasion de réviser les ambitions d’un modèle de développement fondé sur de mauvaises bases ; de repenser notre système de santé ; de réfléchir au vivre-ensemble et d’apaiser les tensions sociales ; de prendre au sérieux la notion de résilience pour se préparer aux défis écologiques et climatiques. Mais toutes ces opportunités, à l’échelle nationale à travers le « Plan de relance » comme à l’échelle locale autour du projet de « Grand Arles », ont été manquées. Que notre Maire se soit rangé aux côtés des partisans d’Emmanuel Macron en dit long sur la similarité de leur vision de l’avenir.

Monsieur de Carolis, persuadé que le monde de demain sera celui d’hier, reste figé sur ses désirs de prestige et d’attractivité. Pourtant maintes fois labellisée pour son patrimoine historique et naturel, notre ville n’est pas à la hauteur de ses attentes. Il ignore les aspirations des Arlésiennes et Arlésiens qui ont choisi de mener leur existence dans une ville à taille humaine, proche de la nature où la convivialité l’emporte sur la compétitivité.

Nous sommes nombreux à nous inquiéter des changements que ces envies de grandeur et d’attractivité impliquent. L’arrivée fracassante de la fondation LUMA a déjà rebattu les cartes de la ville. Les plateformes de location saisonnière accaparent les logements. Le prix des loyers et du foncier explosent. Les galeries d’art et les « concept stores » se substituent aux commerces de proximité du centre-ville.

Un célèbre magazine britannique classe Arles première destination européenne de « city break ». Face à ce nouveau tourisme express qui voit défiler pour deux ou trois jours des urbains en quête de culture et de dépaysement, on peut se demander quelle sera la place des Arlésiennes et des Arlésiens dans ce « Grand Arles ». Arles va-t-elle finir, comme Venise, par ressembler à un parc d’attraction ?

La majorité s’entête à porter un projet qui fait fi des grands défis de notre époque. Elle ignore l’importance du lien social en asséchant le soutien aux associations et en misant tout sur la surveillance et la répression. Elle ignore l’urgence climatique, en spéculant sur toujours plus de déplacements et de transports. Elle ignore la crise de la biodiversité alimentaire souveraineté et sacrifie notre en misant sur un développement destructeur d’espaces naturels et de terres agricoles.

Plutôt que de faire « plus grand », il importe de faire mieux. Il est temps de se détourner de l’obsession de la croissance et penser en termes de qualité de vie et d’adaptation écologique. Nous avons déjà toutes les ressources pour réussir cela, en s’appuyant sur les richesses de notre territoire et en prenant soin de la diversité de ses habitantes et habitants.

Nous espérons une année 2022 meilleure que la précédente et adressons nos vœux à toutes et à tous.